Sex and the City… sans le sexe

La vie d’une célibataire au Japon

Ce que je ne savais avant d’arriver au Japon, c’est que j’allais entamer une traversée du désert. Et celle-ci ne dure pas 40 jours… Bientôt 3 ans après avoir posé mes valises ici, mes 3 valises pour être plus précise,  j’ai encaissé 2 ruptures, l’annulation de mon mariage et j’entame joyeusement mon 8ème mois de célibat.
Ce que je n’avais pas réaliser avant d’arriver au Japon, c’est que j’allais atterrir au pays du Dieu esclavagiste nommé Travail, où le célibat est une norme, où les démonstrations affectives mettent mal à l’aise plus qu’elles ne font plaisir, où les hommes sont très, super, hyper timides, où… oui bon en fait, en toute lucidité, j’en ai pris pour perpèt avec le célibat quoi!

L’Empire des non-sens

A toi chère lectrice qui rêve de trouver l’âme sœur au Japon, je te préviens: je vais te pourrir ton rêve d’ici quelques lignes. Attention spoiler!!!

J’ai lu de nombreux blogs avant de venir au Japon, les auteurs (quel que soit leur pays d’origine) avaient l’air de bien profité de la vie nocturne nippone… A écouter mes amis sur place, les nuits sont effectivement chaudes. Ici on embrasse pas une belle inconnue sous un réverbère sur les quais de Seine, on galoche une inconnue bourrée à la lueur des néons d’un love hotel.  Comme dirait mon meilleur ami, « en France, il faut ramer pour décrocher un rencard. Ici, il faut ramer pour résister aux sollicitations. C’est l’île de la tentation! ».

Quant est-il pour les femmes? Mon conseil: partir avec un sex toy dans la valise (si tu as plusieurs valises comme moi, le nombre n’est pas proportionnel, ça reste à l’appréciation de chacune).

Conseil n°2: oubliez « les japonais aiment les étrangères, leur beauté bla bla bla », ça vous réconfortera pendant les journées pot de nutella devant la télé mais clairement, dans la réalité, vous ne verrez jamais un japonais débarquer une branche de sakura entre les dents vous inviter à boire une coupe de saké. Petit 1, les japonais sont généralement pudiques / respectueux / timides, appelez-ça comme vous voulez bref, la communication spontanée c’est pas leur kiffe. Petit 2, au moment de leur adresser la parole, vous verrez « poper » au-dessus de leur tête une petite bulle disant « ça parle quelle langue cette bête-là? Panique panique il faut que je parle anglais. PANIQUE! SAUVE QUI PEUT! ». Véridique, guettez la petite bulle la prochaine fois, vous la verrez.

J’ai déjà été abordée par des japonais, certains avaient des bonnes têtes de chasseur de gaijins (collectionneur de coup d’un soir, privilégiant les étrangères pour garnir leur tableau de chasse et au passage leur estime de soi).

Conseil n°3: ne jamais croire un japonais qui se dit célibataire…

Conseil n°4: ne jamais croire un japonais qui dit ne pas avoir de copine…

L’adultère est un sport national. Après une soirée à boire jusqu’à plus soif, on se retrouve à galocher un ou une inconnue bourré à la lueur des néons d’un love hotel. Tant qu’il n’y a pas de sentiments, coucher ce n’est pas trompé.

Après 8 mois, mon regard s’attarde parfois sur les lueurs des néons des love hotel. Alors je regarde autour de moi. A 35 ans, quel pourrait-être mes options si je veux emballer en soirée? Le salaryman enturbanné de sa cravate qui vient de percuter violemment la table après le verre de trop? Ou le groupe d’étudiants bruyants mais qui, rougissant jusqu’aux oreilles, perdent l’usage de la parole en croisant les yeux bleus de l’étrangère? Plutôt cornélien comme choix, non?

7 ans de réflexion

Une journée froide de Janvier, Elsa me traîna dans un restaurant français pour se réchauffer le corps et le moral à coup de raclette et de cidre. Parfois, il suffit juste d’un regard pour que le cœur qu’on croyait broyé, pulvérisé, réduit en cendres émette un sursaut. Ce serveur, c’est le pic sur le tracé plat qu’est ma vie sentimentale. Son français avec un léger accent japonais, son sourire et ses yeux qui ne me lâchent pas à chaque fois que j’y retourne manger ne cessent de me charmer.

Le 16 Février, déprimée par une Saint Valentin lamentable que Tomoki s’était fait un plaisir de ruiner, Flo m’expulse de mon matelas gonflable, direction le restaurant français. Les regards et les sourires se font encore une fois insistants, il se risque même à ma table pour discuter avec moi pendant que Flo part fumer une cigarette. Au moment de quitter le restaurant, je lui laisse mon numéro sur un bout de papier avec une trace de baiser au rouge à lèvres. 00h30, juste après son service, je reçois un message.

Dis comme ça, ça a l’air super romantique, n’est-ce pas? Et si je vous dis que 5 mois après, je n’ai toujours pas bu de verre avec lui? On se parle toujours par messages, je retourne souvent au restaurant au plus grand plaisir de mes copines qui m’accompagnent et qui s’installent à la table comme elles s’installeraient au cinéma avec leur coca et leur pop corn.  Les clients commentent, nous regardent parfois interloqués. C’est frais et agréable comme sensation: les conversations furtives échangées quand le service se calme, des promesses de se revoir, des au-revoir et des regards qui s’attardent sous le porche du restaurant. C’est un grand timide, me dit son collègue. Lui me dit qu’il n’a pas malheureusement pas de temps entre son travail et la boutique familiale. Insensé? Au Japon, pas tant que ça. L’avenir nous dira ce qu’il en est.

Lost in Translation

Perdues dans les méandres de l’amour à la japonaise, mes copines et moi nous consolons à coup de cocktails sur les roof top de Tokyo. Perchées sur nos stiletto,  on déambule dans les rues de Shinjuku, Shibuya, Ebisu ou encore Roppongi la nuit en quête de sens à notre vie sentimentale. Du haut des buildings, on devise sur nos peines de cœur en sirotant des piña colada et sans oublier de prendre des selfies avec en arrière plan les plus belles vues de Tokyo.

Malheureuses? Pas vraiment! Nos déceptions nous ont soudées. Elsa et Célia sont mes confidentes, mon réconfort, mon ange et mon démon. On traverse chacune nos épreuves main dans la main. L’amour nous laisse peut-être sur le bas côté, ça ne nous empêche pas de faire de l’auto-stop direction le bonheur.

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6 thoughts on “Sex and the City… sans le sexe

  1. Re-bonjour,

    Tout ce que tu dis des nuits chaudes nippones est assez vraies….Et il ne faut pas croire qu’être marié, avec des enfants repousse une demoiselle…Bien au contraire et si tu dis que tu es fidèle, alors là, on te regarde comme un extra terrestre (version Alien Ripleyen) ,quand on ne se moque pas de toi…
    Il m’est même arrivé d’être inélégant avec ces demoiselles….
    Ah , au fait, toutes celles qui semblent bourrées ne le sont pas forcément, c’est comme au théâtre Nô…

    Ne t’inquiète pas, pour les sextoys, les Japonaises en connaissent aussi un rayon ou deux, surtout après le mariage( avec un Japonais, attention…).

    Pour le boulot…no comment, si ce n’est que je ne travaillerai jamais là-bas!

    Quant à ce gentil serveur…ne désespère pas. Tu sais , le Nippon, c’est long à se décider.
    5 mois de contacts, même sans RDV, c’est dans la norme,vu ce que j’en sais, ce que j’ai pu voir et ce que ma femme m’en a dit.Les Japonaises s’en plaignent assez , aussi…
    Il a déjà accepté ton petit mot, c’est plus que ce qu’aurait fait bien de ces  » mâles samurai » …
    Il n’a pas fuit à la vitesse de la lumière comme si le percepteur était à ses trousses.
    Après , peut être peux tu , discrètement, subtilement , l’amener là où tu le veux, tout en lui faisant croire qu’il est à la manoeuvre…
    Tu sais un homme, c’est plein d’illusions, je suis bien placé pour le savoir :D.

    Ne désespère pas.
    Au plaisir de te lire, Ludovic

    1. Bonjour Ludovic,
      C’est un vrai bonheur de te lire. Tu ne veux pas devenir mon coach par hasard? J’ai raté mon master en zénitude. Je dois passer l’option patience au rattrapage.
      A 13 ans mon kiné de l’époque m’avait dit qu’à 40 ans j’aurai une belle carrière et que le soir mon verre de whisky m’attendrait chez moi en rentrant. Il aurait dû ouvrir un cabinet de voyance! J’ai encore 5 ans pour rectifier le tir. Ou ce sera la bouteille de saké qui m’attendra…
      A très bientôt!
      Eva

  2. Ouais mais les soirées avec des copines c’est quand même vachement chouette !
    5 mois… Hey c’est pas mal ! Est-ce qu’il y a aura oui ou non le rencard ??? Je veux le prochain épisode !
    Ravie de voir un article par ici en tout cas =)

    1. Salut Tetoy, ravie de te revoir sur mon blog! On ne va pas se laisser abattre n’est-ce pas? Si j’attends bien sagement du haut de mon appartement au 4ème étage, comme auraient pu le faire Raiponce ou la Belle au bois dormant, je risque de me momifier sur mon canapé.
      Alors j’enfile mes pantoufles (en plastique hein, on sort à peine de la saison des pluies) et je vais au bar (oui oui, au bar. Au bal, je ne suis pas sûre d’être séduite par la moyenne d’âge).^^
      Au plaisir!
      Eva

  3. Bon, avec les japonais males il faut trouver la pierre de rosette pour decrypter. On ne sait jamais ce qu’ils pensent, veulent etc. Ils devraient revenir au miai point, ça leur convient mieux que d’avoir pompe le mariage d’amuuur à l’occidentale suite à l influence americaine. Le Japon n aurait pas à subir un important déclin de la population. Du coup, tu as trouve du taf? Un point en moins sur ta bucket list non?

    1. Ton commentaire m’a fait mourir de rire!!!! La pierre de Rosette, c’est bien trouvé!
      La bucket list s’est bien vidée, ne reste que la case amouuuuuuur. Sacré dossier ceci-dit… As-tu pour dictionnaire en hiéroglyphes japonais?
      Au plaisir
      Eva

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