Okinawa, me voilà!

Après un an et demi passé à Tokyo, je m’envolerai bientôt définitivement pour Naha, le chef lieu de la Préfecture d’Okinawa. Assise dans l’avion qui me ramène à Tokyo, je me demande ce que sera ma vie dans cette autre partie du Japon. 

Tomoki et moi sommes allés à Naha le temps d’un weekend pour visiter ce qui sera notre nouveau « chez-nous » et trouver le petit nid douillet qui va avec. Verdict: j’ai beaucoup aimé les lieux: habitants chaleureux et hauts en couleur, décors exotiques, eaux turquoises, miam-miam local succulent… Pour couronner le tout, la perspective de quitter mon 16m² pour un 4 pièces. Oh mais non! Ce n’est pas tout! Comble du bonheur, je vais enfin pouvoir vivre avec mon chat Byzance, resté en France depuis tout ce temps.

Ce weekend ne fut pas de tout repos pour autant! Nos nerfs auront été mis à rude épreuve. J’ai bien cru qu’on arriverait jamais à trouver un logement. Il faut dire qu’on cumulait les casseroles dès le départ…

Le style japonais… euh pas trop ma tasse de thé (vert 😉 )

Les tatami, le bois des murs au plafond, la déco kitsch et les placards (à fantômes), pour sûr que c’est dépaysant. A voir les films et les publicités d’hôtel, ça donne envie. Y vivre tous les jours, c’est une autre histoire. Surtout si le logement est vétuste et mal entretenu. Pour ma part, je m’imaginais déjà Byzance s’en donner à cœur joie sur le tatami toutes griffes à l’air; quant à Tomoki, ce n’était même pas la peine d’aborder la question. C’était niet, il déteste…

Premier constat, dans une ville de 400 000 habitants, les logements neufs partent comme des petits pains.

appartement, Okinawa

La voiture…

A Okinawa, la saucisse est reine. Par saucisse, comprenez les « keijidôsha« , mini-voitures japonaises auxquelles j’ai donné le petit nom de « saucisse ». A en juger par les places de parking, la taille standard c’est celle de la smart! Maintenant, imaginez la tête de Tomoki qui pensait enfin pouvoir garer sa berline au pied de la maison… A Tokyo, les parkings, c’est pas automatique. Le nôtre est en bas de la côte, à 200 mètres de chez nous.

Quant à moi, je n’ai pas de voiture. Ce qui est un problème également puisque Naha n’est desservie que par un monorail qui traverse le centre-ville. Entre les typhons et la chaleur étouffante en été, pour Tomoki, il était hors de question que je me balade sur des kilomètres en ville.

Deuxième constat: pour trouver un logement neuf en centre-ville, près d’une station de monorail, faut aligner les billets.

Chat perché

Louer un appartement qui accepte les animaux et notamment les chats, c’est un peu comme jouer au chat perché: si tu n’es pas assez rapide, tu perds. Il y a une véritable ségrégation des propriétaires contre les locataires possédant un animal de compagnie. Quand les propriétaires les acceptent, ça vous coûte un bras. Voire deux… Loyer plus cher, parfois malus (allant jusqu’à un mois de loyer)…

Troisième constat: trouver un logement neuf en centre-ville, près d’une station de monorail, qui accepte les chats, ce n’est plus une recherche d’appartement, c’est la quête du Saint-Graal.

Le coup de bol monumental

Par deux fois, on a eu un coup de cœur, par deux fois, ni le temps de faire ouf ni pouf, les appartements étaient loués avant même que l’agent immobilier ne mette la clef dans la serrure pour ouvrir la porte.  On a visité des appartements minuscules, paumés dans la pampa, avec des fenêtres littéralement collées à celles des maisons avoisinantes. On s’est retrouvé dans des rues coupe-gorges.

L’agent immobilier nous martelait d’oublier mon chat. Non mais oh!!! Sacrifier mon Bibou sur l’autel de l’intolérance des propriétaires? Que nenni! Doublement que nenni a plussoyé Tomoki! Et là, il faut dire, qu’à ce moment-là, il me semblait tout fort comme Iron Man.

Le dernier jour, alors qu’on déprimait devant l’ordinateur de l’agent immobilier qui nous montrait des appartements au loyer exorbitant,  coup de fil miracle! Un appartement venait de se libérer dans la résidence de nos rêves. Et la chance ne s’arrête pas là. L’appartement en question est un des deux seuls de la résidence à avoir un balcon de… 30 mètres carré!

Seul problème, on avait une heure pour se rendre à cette autre agence immobilière…

Politesse à la japonaise oblige

En bonne française, pas de soucis pour s’éclipser de l’agence dans laquelle nous nous trouvions. Il suffisait de se lever et de remercier poliment l’agent. Tout faux! Au Japon, il faut trouver un méga bobard mettre les formes. Entre excuses, formules de politesse et toute la dentelle qui va autour, 30 minutes après on y était encore…

Un nouveau départ

De retour sur Tokyo, je pense à mes amis, au quotidien rassurant que j’ai mis du temps à construire. Je me demande comment je vais vivre cette nouvelle étape. Me séparer de mes amis qui m’ont tant épaulé et tant apporté me rappelle le moment où j’ai dit au revoir à ma famille et à mon pays. Au Japon, l’isolement m’angoisse. Mes amis sont mes seules attaches ici, ils me rassurent et sont devenus comme une seconde famille. Tous expatriés, nous partageons les mêmes galères, les mêmes appréhensions, les mêmes espoirs.

J’aime ma vie à Tokyo. Pour autant, si j’ai réussi à faire tant de choses en 1 an et demi, je me dis qu’il en sera de même à Naha. Tokyo, tout comme la France, je peux y retourner. Une amitié comme celle-là ne se détruira pas du jour au lendemain.

De nouveau pleine de projets et de questions en tête, je me prépare à un nouveau voyage avec l’excitation nouvelle de découvrir d’autres horizons.

A moi le bikini, Naha me voilà!

panorama, Naha, Okinawa, Japon

2 thoughts on “Okinawa, me voilà!

    1. Bonjour Eva l’Alsacienne,
      Ici Eva la Lorraine. 😉
      Quelle amusante coïncidence, non?

      C’est sûr que le rythme de vie n’est pas le même. Les japonais de province ayant eux-mêmes du mal parfois à se faire à la vie tokyoïte, je me dis qu’en étant déjà rôdé ici, ça devrait le faire à Naha!

      Merci pour ton petit mot d’encouragement qui me va droit au cœur.

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