J’ai rajeuni… de 25 ans!

Qui n’a pas rêvé un jour de rembobiner le fil et de tout recommencer à zéro? Changer de travail, changer de vie, changer de pays?

Un nouveau départ, une nouvelle vie: c’est la chance qui m’a été offerte en partant vivre à l’étranger. Bien plus qu’un grand changement, c’est en quelque sorte un retour à l’enfance…changement-vie-enfance-japon-france

Vivre dans un pays étranger, c’est apprendre un nouveau mode de vie, une nouvelle culture, une nouvelle langue. Habituée à voyager en Europe depuis mon enfance, je me sentais en confiance avec mon sens de l’adaptation. Tout faux! L’Europe, ce n’est pas l’Asie et encore moins le Japon!

Voici l’itinéraire d’une femme de 33 ans qui en fait à peine 8 au Japon…

La langue

Parler quelques mots de japonais, c’est rigolo. Ça épate les japonais et ça nous rend tout fier. Au jour le jour, c’est une autre paire de manches! Les japonais sont très pudiques quand il s’agit de parler anglais (si tant est qu’ils le parlent…). Quand j’ai commencé à m’aventurer dehors toute seule, c’était au petit bonheur la chance. Heureusement, le langage corporel est international!

expatriation-culture-apprentissageBilan au bout de 7 mois d’expatriation et 4 mois de cours: j’ai le niveau de « langage d’un enfant de 8 ans », m’a-t-on dit fièrement (ce n’est pas pour rien que l’UNESCO classe le japonais parmi les 10 langues les plus difficiles au monde)…Qu’est-ce-que ça donne au quotidien? Mon interlocuteur doit attendre que le mot que je cherche désespérément atteigne mon cerveau. Une fois que la lumière s’allume en haut, je hurle victorieusement mon mot.

Lire

Je ne me souviens pas de ce qu’était ma vie d’enfant avant de savoir lire. Désormais, je ne l’imagine que trop bien! La faute aux kanji, ennemis redoutables qui peuvent transformer une vie en une série de sketch.

Sketch n°1: je suis dans ce restaurant typiquement japonais. « Roooo! C’est comme dans les films de samurai eihn! », dis-je enchantée à ma tendre moitié. Je me dirige vers les toilettes et là se dressent devant moi 2 kanji! Lequel est le monsieur et lequel est la madame? Même pas de couleur pour les différencier? Pas le choix, ce sera plouf plouf. Je passe timidement la tête, la voie est libre! Coup de bol, ça semble être les toilettes pour dame.kanji-problème-japon-lire

Sketch n°2: l’électronique (GPS, ordinateur, air conditionné, toilettes…) bref tous ces trucs diaboliques bourrés de kanjis et qui deviennent rapidement incontrôlables… Méthode quo, j’appuie sur tous les boutons en espérant tomber sur l’effet désiré. Je vous le dis, ce n’est pas une bonne idée…

Les codes culturels

C’est à ce chapitre que je grince des dents…

Jusqu’ici, redécouvrir le monde comme le ferait un enfant était ludique et amusant. Etre considérée comme une enfant l’est en revanche beaucoup moins.

Apprendre, pas de soucis, j’adhère à 100%! Suivre les règles, c’est normal. L’infantilisation, je dis non! :

– Ne pas sortir le soir, faire attention en traversant la route, faire attention de ne pas frôler les voitures quand je suis dans un parking, ne pas m’approcher trop près du mur pour ne pas tâcher mes vêtements… En tentant de comprendre pourquoi  on m’a répondu que c’était de la gentillesse et que les japonais étaient des gens très prévenants. Et c’est vrai! Ils sont d’une amabilité à toute épreuve! Sous couvert de gentillesse, il ne faut pas pousser mémé dans les orties. Bizarrement, dans mon entourage, personne ne se parle comme ça. Je suis la seule à être « aussi gentiment » traitée.

– Me faire rabrouer par les grands-pères et les grands-mères. Et oui, du haut de mes 33 ans, je me fais encore réprimander si je fais du vélo avec les écouteurs sur les oreilles (sur 1 seule oreille plus exactement), si je bois en marchant ou si je mange debout.

– Apprendre à s’adresser aux grandes personnes. Les codes sociaux sont particulièrement prégnants au Japon. En fonction de l’interlocuteur, il faut adopter le bon degré de langage. Ce que je ne savais pas, c’est que ces règles s’appliquent aussi au sein… de la famille! Je l’ai découvert à mes dépends. Après avoir lancé un simple « bonsoir! Comment allez-vous? », je me suis fait remettre à ma place vite fait bien fait: « Ne me demande pas comment je vais, félicite-moi d’avoir fait du bon travail ».  Oui monsieur…

coutumes-japonaises

Heureusement, tout n’est pas noir, il y a des côtés chou! Mon amoureux qui me prépare mon poisson quand je ne peux pas le couper toute seule avec mes baguettes. Encore mon amoureux qui boucle mes chaussures à la sortie du restaurant (parce que les chaussures flashions c’est joli, mais aussi  trop la galère à enlever et à remettre). Les débuts ont été difficiles mais chaque jour est un nouveau pas, un nouveau progrès. Parfois je trébuche, je tombe, mais Tomoki est toujours présent pour m’aider à me relever.

Quand je serai grande, je saurai lire et écrire le japonais. Je pourrai tout faire toute seule. Moi aussi, je pourrai gronder en japonais! Si j’étudie bien à l’école, je pourrai devenir traducteur. Mais mon rêve, c’est d’être écrivain!

2 thoughts on “J’ai rajeuni… de 25 ans!

  1. tu préconise donc le Japon en guise de lifting? J’adore ta façon dénoues conter ta vie.
    Heureusement tu avais de bonnes bases et les codes se rapprochent des miens qui, lorsque tu avais huit ans, en France,te semblaient si contraignant.

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